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Résumé des principales demandes des membres du Mouvement pour la Justice Climatique à Madagascar pour la COP27

Le Mouvement pour la Justice Climatique à Madagascar demande à la COP27 d’agir dans quatre domaines clés afin de galvaniser l’action et de garantir la justice dans les résultats des négociations.

 1.    Cadre de redevabilité pour les négociations : les membres du Mouvement pour la Justice Climatique à Madagascar sont profondément préoccupés par le fait qu’il y a plus de lobbyistes des énergies fossiles que de représentants des dix nations les plus touchées par la crise climatique inscrits à la COP27, et que la délégation de ces lobbyistes est plus importante que celle de n’importe quel pays africain.

·         Nous soutenons la soumission conjointe de la société civile sur l’établissement d’un cadre de redevabilité pour protéger l’intégrité des négociations climatiques de la CCNUCC contre l’influence indue des intérêts des pollueurs en établissant des politiques claires sur les conflits d’intérêts.

·         Nous demandons à la CCNUCC et à toutes les Parties d’exclure des négociations sur le climat les grands pollueurs et les organisations qui ont des intérêts financiers ou personnels dans la production ou la combustion d’énergies fossiles.

·         Dans le cadre du Bilan Mondial, chaque Etat doit faire preuve de transparence à l’aide d’instruments de communication adéquats des données chiffrées sur la réalisation de ses engagements et de ses objectifs de réduction des émissions.

·         Une loi internationale permettant d’ester en justice les pays qui ne remplissent pas leurs engagements devrait être promulguée, ou le cas échéant, la compétence de la Cour Internationale de Justice devrait être élargie à cet effet.

 2.  Pertes et dommages : étant donné qu’une feuille de route claire et limitée dans le temps pour des arrangements institutionnels efficaces et pour le financement des pertes et dommages sera un test décisif pour savoir si la COP27 est un succès ou non, nous réitérons notre soutien à la demande pressante des pays en développement lors des premières consultations informelles du 8 novembre pour la création d’un fonds multilatéral dédié aux pertes et dommages qui soit adapté à leurs besoins.

·         Le fonds multilatéral devrait être désigné comme étant une entité opérationnelle au sein de la CCNUCC, et se concentrer exclusivement sur le financement des pertes et dommages ainsi que sur la mise en place d’un cadre d’appui financier pour les pays qui subissent de manière répétée les impacts du changement climatique, les perturbations du système alimentaire, les flambées des prix des combustibles fossiles et autres chocs.

·         Le financement des pertes et dommages doit être basé sur des subventions, car les prêts de toute sorte ne feraient qu’accroître le poids de la dette des pays concernés et la misère de leurs communautés.

·         L’argent doit provenir des pays développés, mais aussi de la taxe que les entreprises productrices de combustibles fossiles doivent payer sur leurs bénéfices exceptionnels.

·         Les pays du Nord doivent payer leurs dettes historiques et écologiques à l’endroit de Madagascar et des autres pays en développement à travers l’effacement de leurs dettes afin de leur permettre d’utiliser les fonds consacrés à leur paiement pour répondre aux besoins urgents des groupes de leurs populations victimes des pertes et dommages dus à la crise climatique.

3.    Le financement climatique et l’adaptation : Les membres du Mouvement pour la justice climatique à Madagascar ont noté avec une grande inquiétude l’échec systémique des pays développés à mobiliser des ressources pour remplir leurs engagements envers le Fonds d’Adaptation (AF), et leur utilisation de la plate-forme de la CCNUCC pour “abuser de la confiance du public et tromper la communauté mondiale” comme l’a souligné le porte-parole du Groupe Africain.

·         Les pays développés doivent tenir leurs engagements en matière de financement des mesures d’atténuation et d’adaptation aux effets du changement climatique, qui constituent une priorité pour Madagascar et le Groupe Africain.

·         En vue de la mise en place de l’objectif global de l’adaptation dans le cadre de la COP27, les pays développés doivent s’engager à doubler au minimum leur financement pour répondre aux besoins croissants en matière d’adaptation des pays en développement tels qu’ils ont été estimés par le GIEC, et établir un plan de réalisation de ces engagements d’ici 2024 au plus tard.

·         A long terme, les pays développés doivent s’engager à faire progresser l’objectif de financement mondial post-2025 jusqu’à un niveau compris entre 750 Milliards et 1300 Milliards USD par an, de façon à établir un cadre de financement qui permette à la fois une transition urgente vers des économies neutres en carbone, et l’accès des pays en développement à des niveaux croissants de financements nouveaux, prévisibles et concessionnels.

·         Les mesures relatives au financement de la transition doivent sauvegarder les biens, les ressources et les moyens d’existence des groupes vulnérables. En particulier :

o   la crise énergétique actuelle dans les pays développés ne doit pas être résolue à travers leur appui à l’exploitation des énergies fossiles dans les pays en développement riches en réserves de pétrole et de gaz;

o   les impacts actuels et potentiels de la décarbonisation et de la transition énergétique dans les pays développés sur les pays en développement doivent être pris en compte, comme dans le cas de l’exploitation des terres rares qui sont des minéraux stratégiques très prisés pour la transition énergétique, mais avec des coûts sociaux et environnementaux énormes pour des pays comme Madagascar qui deviendraient ainsi des zones de sacrifice.

 

4 Article 6 :

Les mesures préconisées dans le cadre de la COP27 ne doivent pas porter atteinte aux droits fondamentaux et aux moyens d’existence des communautés des pays en développement. Les terres, y inclus les territoires des groupes autochtones et les terrains agricoles, ainsi que les forêts doivent être exclus de l’Article 6 de l’Accord de Paris.

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